Capharnaüm

Réalisateur Nadine Labaki
Acteurs Nadine Labaki, Zain Alrafeea, Yordanos Shifera
Genre entre réalité et fiction /drame
Âge légal 12 ans, conseillé : 16 ans
Langue VO
Durée 02:03
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À l’intérieur d’un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question : ” Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? “, Zain lui répond : ” Pour m’avoir donné la vie ! “. Capharnaüm retrace l’incroyable parcours de cet enfant en quête d’identité et qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer.


Entre réalité et fiction

"L'histoire est fictive, mais le film est porté par des "vraies gens", des
acteurs non-professionnels qui ont été repérés dans les rues de la capitale
libanaise. Ainsi Zain est véritablement un enfant syrien réfugié au Liban
depuis 2012, sans-papiers lors du tournage.

"Chaque acteur a joué à peu près son propre rôle", explique au 19h30 Nadine
Labaki. "Je me suis adaptée à la réalité de ce qu'ils vivent et non le
contraire." Pour ensuite faire dévier la vérité vers le scénario.

Un aller-retour entre réalité et fiction si fréquent que les deux notions se
sont à plusieurs reprises "rentrées dedans", raconte la réalisatrice. A
l'image du personnage de Rahil, arrêtée au Liban parce que sans-papiers trois
jours après une arrestation fictive pour les mêmes motifs dans le film.

Regarder les enfants en face

Le Liban accueille près d'un million de réfugiés syriens, dont plus de la
moitié sont mineurs, selon les chiffres des Nations unies. Soit la plus forte
concentration de réfugiés au monde par habitant.

Avec sa méthode ancrée dans la réalité - qui a abouti à six mois de
tournage et plus de 500 heures de rushes - Nadine Labaki voulait aller au-delà
de ces chiffres. "Mon point de départ, c'était la volonté de mieux comprendre
ces enfants qu'on a tendance à déshumaniser, à penser comme des nombres,
oubliant de les regarder comme des enfants", indique-t-elle dans Tout un
monde.

>> L'interview de Nadine Labaki dans Tout un monde:

Loïc Venance - AFP
Tout un monde - Publié hier à 08:30

Le pouvoir du cinéma

Dix ans après le succès de son premier film "Caramel", la cinéaste libanaise
documente non seulement la misère à Beyrouth, mais produit également un
plaidoyer en faveur des déplacés, appelant à "ne plus continuer à tourner
le dos et rester aveugle à la souffrance" des enfants des rues.

"Je crois profondément au pouvoir du cinéma, à la responsabilité de l'art",
confie Nadine Labaki. "Le cinéma peut être une loupe sur des vraies personnes,
des gens qui étaient complètement invisibles et qui deviennent des héros le
temps d'un film."

Grâce à ce film, le jeune Zain et sa famille ont d'ailleurs obtenu l'asile en
Norvège. Soit ce dont Zain, le personnage, rêve dans le long-métrage."

Adaptation web de Tamara Muncanovic

Propos recueillis pour le 19h30 par Julie Evard